Enfance heureuse à Sighet, petite ville des carpates longtemps épargnés par la guerre. Fureur et ténébres d'Auschwitz et de Buchenwald: l'adolescent en sort exsangue, l'esprit muet, sans patrie. Mais il conserve en lui ses rêves messianiques, le sourire de Tsipouka, la petite soeur aux cheveux d'or, le regard et les ultimes paroles de son père - secrets qui hantent toute l'oeuvre d'Elie Wiesel et qu'il révèle ici. Quarante ans plus tard, consécration de l'écrivain lorsqu'il reçoit le prix Nobel de le paix.
Ce sont là trois repères dans une vie fertile en bouleversements, ruptures et découvertes.
Elie Wiesel a 17 ans. Le voici à Paris, balloté dans un univers inconnu. Apprendre le français lui paraît alors moins ardu que séduire les jeunes filles dont il tombe amoureux. La naissance d'Israël l'exalte, mais comment aider le jeune état ? Le voici appranti journaliste, un métier qui lui fera parcourir le monde, traquer les scoops, se lier d'amitié avec François Mauriac et Golda Meir, côtoyer personnalités et chefs d'État.
A 30 ans, Elie Wiesel parvient enfin à décrire son expérience de La Nuit, à témoigner pour les martyrs de l'Holocauste. Ainsi commence une oeuvre vouée au souvenir des victimes, à la défense des survivants et de tous les opprimés. Avec les armes de la compassion, de l'amour et parfois de la colère, cette oeuvre et cette vie vont devenir un combat entre le doute et la foi, le désespoir et la confiance, l'oubli et la mémoire. Combat d'un inlassable témoin de la violence des hommes et de leur r^ve d'une Jérusalem pacifiée, idéale.
Spécialiste du judaïsme maghrébin dans lequel il est né, Jacques Taïeb (1932-2011) a consacré de nombreux travaux à mieux faire connaître la destinée de ces communautés, prises dans la tourmente de l’Histoire, balancées entre les langues et les appartenances sociales et politiques, et qui contribuèrent largement à dessiner les contours d’une méditerranée plurielle, balayée par les grands exodes qui ont suivi les décolonisations. Disparu en 2011, ses collègues et amis ont voulu lui rendre hommage à l’occasion d’une journée d’études organisée par la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie, dont il fut le co-fondateur, et en partenariat avec l'Alliance israélite universelle et la Société des Études Juives aux travaux desquelles il collabora régulièrement. Se dessine alors, à travers ce volume, un “ être juif au Maghreb” tel qu’il a pu s’élaborer au cours des vingt-quatre siècles de présence des Juifs sur les terres qui vont de la Cyrénaïque (l’actuelle Lybie) aux rives chérifiennes de l'Atlantique.
Se définissant lui-même, dans une lettre inédite à son ami Claude Roy , «juif ... non pratiquant... non croyant ... français par l’état civil ... par la culture ... par les sentiments ... marxiste ... communiste ... anti-impérialiste ... tunisologue ... “patriote tunisien”... enraciné dans sa terre natale...», Paul Sebag (Tunis 1919–Paris 2004) reste indissociablement lié à l’histoire de la Tunisie, depuis ses premiers travaux de sociologue dans les années 1950, jusqu’à ses plus récentes publications historiques autour du judaïsme tunisien et de la ville de Tunis à partir de 1990. Son action en faveur de l’indépendance lui fera prendre part à l’organisation de la nouvelle université tunisienne, et tout particulièrement du département de sociologie, où il enseignera jusqu’en 1977, date de son arrivée à Paris. Ce volume collectif à l’initiative de la Société d'Histoire des Juifs de Tunisie se veut un hommage à la fois à l’homme “au simple sourire”, au professeur rigoureux et à l'infatigable érudit qui a marqué durablement plusieurs générations de chercheurs et d’étudiants.
Depuis les «origines méditerranéennes», jusqu’aux «carrefours de la modernité», en passant par les «diversités de la diaspora», Les Cultures des Juifs propose une nouvelle histoire du judaïsme du point de vue de la diversité de ses «cultures» où les langues, les coutumes, les littératures et les imaginaires se croisent et se recoupent pendant plus de trois millénaires, constituant la trame riche et complexe d’une harmonie des singularités. L’histoire du judaïsme devient alors une «histoire des judaïsmes», en relation ou tension constante avec leur fondement religieux et les pressions et pénétrations continues des mondes alentours. Cette harmonie entre «dispersion et unité, continuité du texte et ruptures culturelles, isolement et assimilation, Âges d’or et ‘sombres temps’, élite et peuple, exil et patrie» permet à vingt-quatre chercheurs (français, américains et israéliens) de dresser le portrait, pour les générations à venir, d’un judaïsme en mouvement, conçu comme «organisme vivant » selon la définition qu’en donne Gershom Scholem.LA PREMIÈRE PARTIE concerne les «origines méditerranéennes». Chaque article rend compte des temps forts de cette présence méditerranéenne antique : Culture biblique, judaïsme hellénistique, Palestine gréco-romaine, confrontation avec l’empire chrétien, culture rabbinique et, enfin, confrontation du judaïsme avec l’islam. L’on voit ainsi de quelle manière le judaïsme accompagne les différentes civilisations méditerranéennes et s’ancre définitivement dans ce paysage.LA DEUXIÈME PARTIE témoigne des « Diversités de la Diaspora ». Juifs en terre d’Islam ; différentes symbioses judéo-chrétiennes, à la fois dans le monde ashkénaze et séfarade ; judaïsme italien, judaïsme des Balkans, judaïsme d’Europe centrale.LA TROISIÈME PARTIE, « Carrefours de la Modernité», couvre un laps de temps plus large, depuis la culture juive au Moyen Âge en Europe centrale jusqu’au renouveau de la culture hébraïque dans la poésie israélienne contemporaine. A travers ces dix essais prend forme une « idée » du judaïsme, à la charnière entre Orient et Occident, inquiet de la permanence de leur contact, et oeuvrant toujours à le renforcer.
Pendant longtemps, les historiens ont considéré que le Maghreb avait “bénéficié” d’un choc culturel venu d’Occident, qui avait révolutionné ses modes de vie et de pensée et l’avait fait basculer dans la modernité. Le cas de la Tunisie aux XVIIIe et XIXe siècles permet de relativiser cette thèse en montrant comment une double influence des Lumières orientales et occidentales a permis le développement d’une vie publique et culturelle où les communautés juives et musulmanes, écartées également du pouvoir colonial, ont pu vivre dans un dialogue constant jusqu’à l’aube des affrontements idéologiques du XXe siècle. Des chercheurs français, tunisiens et israéliens ont ainsi participé à ce volume, fruit d’une rencontre qui eut lieu à la Sorbonne en avril 2003.
Né à Troyes-en-Champagne, Rachi, acronyme de Rabbi Chelomo fils d’Isaac (1040-1105), accompagne la lecture des œuvres maîtresses du judaïsme depuis près de dix siècles. Son commentaire exhaustif de la Bible et du Talmud est un guide sans équivalent pour tous ceux qui veulent en approfondir la lecture, et une source d’informations d’une extraordinaire richesse sur le judaïsme médiéval en France et sur son rayonnement. En outre, ses apports à la connaissance du français du Moyen Âge et ses conceptions d’un judaïsme ouvert sur le monde font de lui une figure exemplaire de l’“humanisme juif”.
Réunis à l’occasion du 900ème anniversaire de sa disparition par l’Institut Universitaire européen Rachi, les auteurs de ce volume se sont attachés à éclairer d’un jour nouveau les aspects multiples de son héritage.
Tous les Juifs ne sont pas ashkénazes ou séfarades ! Il existe des dizaines de communautés méconnues dispersées en Afrique noire, dans le Caucase, en Inde, en Chine, en Amazonie ou encore aux Caraïbes. Elles remontent à la plus haute Antiquité ou, au contraire, aux dernières décennies – et il en naît de nouvelles chaque année ou presqueUnique en son genre, le présent ouvrage dirigé par Edith Bruder nous invite à découvrir près d’une cinquantaine de ces diasporas, soit qu’elles aient été isolées géographiquement comme les communautés de Kaifeng, en Chine, ou celle des montagnes du Kurdistan – les seules à parler encore araméen –, soit qu’elles se prévalent d’une manière singulière de vivre leur identité juive, comme les Caraïtes de Crimée, les Subbotniks de Russie ou les Dönmeh de Salonique.Comment peut-on aujourd’hui être Juif et Iranien, ou Juif et Indien, issu d’une caste d’intouchables ? Comment Madagascar s’est-elle retrouvée avec trois communautés juives « indigènes » ? Cette fascinante diversité des histoires locales nous dévoile le rôle majeur que jouent les dispersions, les colonisations, les métissages dans l’histoire universelle. Les multiples manières de se vivre comme juif nous conduisent à remettre en question notre vision habituelle de l’identité juive, et de l’identité tout court.
Par quel étrange processus, depuis le début du XXème siècle et surtout dans les dernières décennies, des synagogues de fortune sont-elles sorties de terre au cœur de villages d’Afrique noire ? Edith Bruder, chercheuse associée à la prestigieuse School of Oriental and African Studies de l’université de Londres, a longuement étudié ce phénomène remarquable : sur tout le continent, du Cap-Vert à l’Ouganda et de Tombouctou à l’Afrique du Sud en passant par le Nigeria, des groupes ethniques très divers se proclament les descendants de communautés juives installées en Afrique depuis les temps les plus anciens.Ce livre montre comment, par dizaines de milliers, les Igbo, Lemba, Abayudaya et bien d’autres s’approprient une identité spirituelle et ethnique juive, bouleversant ainsi le paysage religieux de l’Afrique – mais aussi celui du judaïsme mondial. Edith Bruder décrypte le substrat mythologique de leur discours – qui fait remonter l’origine de leurs clans aux Tribus perdues d’Israël – et analyse l’influence des préjugés religieux et coloniaux de l’Occident. Une histoire passionnante, où se trouvent associées les deux figures qui furent longtemps pour l’Europe les archétypes de l’Autre : le Juif et le Noir.
Les assassins nazis ne cherchèrent pas seulement à exterminer les juifs en tant que peuple, ils tentèrent aussi de détruire radicalement l’âme juive, celle qui s’exprime depuis des millénaires à travers l’étude de la Torah et la pratique des commandements. Mais face aux persécutions et à la perspective de l’anéantissement, de nombreux juifs firent preuve d’une incroyable résistance spirituelle en demeurant fidèles à leurs traditions jusqu’au cœur de l’horreur.Ce livre en est le poignant témoignage : enfermés, humiliés et décimés dans le ghetto de Kovno – cette ville de Lituanie qui avait été la capitale mondiale du savoir talmudique –, les juifs ne renoncèrent pas à respecter la Loi, et, face à des situations inédites dans la monstruosité, à poser des questions éthiques et juridiques à leur rabbin. Quels rites pénitentiels faut-il suivre lorsque l’on a été contraint de déchirer les rouleaux de la Torah de ses propres mains pour y envelopper des carcasses de chiens ? A-t-on le droit de s’emparer d’un permis de travail qui sauvera la vie de sa famille aux dépends d’une autre ? Est-il permis de marcher dans des rues pavées de pierres tombales ? L’avortement est-il envisageable dès lors que les nazis ont menacé d’abattre sur-le- champ toute femme enceinte ?...
Autant de dilemmes insondables, parmi une centaine d’autres, qui furent soumis à Rabbi Ephraïm Oshry pendant ces années d’enfer.Ayant survécu à la Shoah, il a rassemblé les questions de ses fidèles et les réponses qu’il leur avait apportées, pour témoigner de la dignité et de la force d’âme des victimes. Un document unique
Alexandre Safran (1910-2006) fut l'une des figures marquantes du rabbinat européen. Élu Grand Rabbin de Roumanie en 1940, à l'âge de 29 ans, il a joué un rôle déterminant dans le sauvetage des juifs pendant la Shoah, puis a été accueilli en qualité de Grand Rabbin à Genève en 1948. Il a été tout à la fois un leader et un penseur éminent de philosophie religieuse - dont l'oeuvre s'étend sur plus de soixante-dix ans- et un acteur important du dialogue judéo-chrétien. Cet ouvrage rassemble des sermons synagogaux à l'occasion des fêtes juives, des allocutions à l'ORT (grand organisme philanthropique centré sur l'éducation) et des textes plus théoriques. Croyant en la vocation universelle de la Torah, Alexandre Safran insiste sur le lien indissoluble qui unit les dimensions les plus élevées (mystique, kabbale) à celles en apparence plus humbles (travail, rapport au prochain), le temps liturgique et le temps historique.
Fils d'immigrés juifs lituaniens, le grand rabbin Jacob Kaplan, né à Paris en 1895 et mort en 1994, a occupé très jeune les postes les plus prestigieux du judaïsme français, témoignant de la réussite du modèle de l'identité juive en France. Mais au-delà de son sacerdoce, Jacob Kaplan, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, décoré des plus hautes distinctions civiles et militaires, demeure un exemple et une figure humaine unique par son désintéressement, son charisme, son expérience et sa maîtrise des situations les plus délicates : le statut des juifs du régime de Vichy, la collaboration et les déportations, l'accueil des rapatriés d'Afrique du Nord, le soutien à la cause sioniste et la question de la double allégeance....
En retraçant l'itinéraire d'un des grands témoins du XXe siècle, David Shapira raconte comment ce reconstructeur d'une communauté décimée par la Shoah, traumatisée par la trahison de Pétain, est parvenu à mettre en place les structures d'un judaïsme moderne. Évoquant également l'engagement précoce du grand Rabbin de France aux côtés de l'État d'Israël, il aborde ses positions critiques envers la politique extérieure française, qui suscitèrent la réaction de nombreux politiciens et intellectuels de l'époque.
Comme des centaines de milliers de juifs hongrois, Eva Dános (1919-2001) a été déportée après l'invasion de son pays par les nazis en 1944. Elle a survécu aux camps de la mort et refait sa vie en Australie dans les années 50. Son témoignage, écrit à vif juste après sa libération, relate au jour le jour l'horreur des derniers convois de déportés errant de camp en camp, sous les bombardements alliés, dans les toutes dernières semaines du IIIe Reich. Ces wagons à bestiaux, où régnaient la faim et la soif dans une atmosphère de folie, ont été le tombeau de milliers de victimes.Dans cet enfer, Eva Dános avait pour compagnes Hanna Dallos et Lili Strausz, deux femmes qui ont vécu l'expérience extraordinaire relatée dans le livre Dialogues avec l'Ange. Elle les avait rencontrées dans l'atelier d'uniformes militaires mis en place en 1944 à Budapest pour cacher des juives, sous la direction de celle qui allait faire connaître les Dialogues dans le monde entier : Gitta Mallasz, reconnue récemment « Juste parmi les Nations ». Eva avait assisté avec Hanna et Lili aux dernières séances des « dialogues » et partagé leur quotidien au camp de Ravensbrück. Jusqu'à présent, on ne savait que peu de chose sur la fin de ces deux femmes remarquables. Leur amie raconte ici leur agonie bouleversante, ce qui rend ce document d'autant plus exceptionnel.
René-Samuel Sirat, né à Bône, en Algérie, en 1930, a été Grand-Rabbin de France de 1981 à 1988. Figure majeure du judaïsme français, il également été un acteur historique des études juives contemporaines ainsi que du dialogue interreligieux. Militant infatigable d’un judaïsme cultivé, apaisé et engagé dans la coexistence au sein de la Cité, il revient dans ce livre sur son itinéraire qui résonne si profondément avec une certaine histoire de la France contemporaine.
D’une enfance algérienne marquée par la culture judéo-arabe traditionnelle à la reconstruction de la communauté juive française après la Shoah, du travail universitaire et communautaire à la fraternité judéo-chrétienne (notamment à travers l’affaire du « carmel d’Auschwitz » où il fut l’interlocuteur de Mgr Decourtray et Jean-Paul II) et judéo-musulmane, c’est finalement toute la genèse de notre présent qu’il éclaire en témoin privilégié du siècle.
Connu comme le fondateur du hassidisme, celui qu’on surnomme le Baal Shem Tov, le « maître du Bon Nom », ne cesse de fasciner. Qui était-il : un mystique détenteur de secrets? Un réformateur religieux venu valoriser la foi simple des humbles contre l’érudition talmudique ? Un annonciateur du messie ? Un guérisseur, voire un chamane pratiquant la transe, inspiré par des traditions préchrétiennes des Carpates ? A-t-il seulement fondé un nouveau mouvement, ou la légende a-t-elle dépassé l’histoire ?Jean Baumgarten, sans doute le plus éminent spécialiste français du hassidisme, nous invite à le suivre dans sa recherche du « vrai » Baal Shem Tov. À la fois portrait spirituel et plongée dans la sociologie religieuse des Juifs polonais du milieu du xviiie siècle, cet ouvrage nous livre la synthèse des travaux les plus récents sur cette figure majeure dont se réclament les « amis de Dieu » bien au-delà du monde juif.
La communauté juive du Maroc fut l'une des plus importantes du monde musulman. Installés le long des côtes méditerranéennes dès l'époque romaine, les juifs devaient au fil des siècles constituer de très nombreuses communautés dans tout le pays, chacune ayant des traits bien spécifiques. L'arrivée des juifs chassés d'Espagne au XVIe siècle devait apporter une dimension nouvelle au judaïsme marocain. Shlomo Deshen, étudiant d'une part les archives laissées par les lettrés et les rabbins des XVIIe et XVIIIe siècles et se fondant d'autre part sur les plus récentes études historiques et anthropologiques, recrée dans cet ouvrage la société juive traditionnelle du " mellah ", avec ses structures communautaires et familiales, ses responsables, ses activités économiques et ses productions culturelles, et analyse les rapports particuliers des juifs du Maroc avec leurs voisins musulmans. Les Gens du mellah apporte une contribution originale à l'histoire et à la civilisation des juifs d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
La première époque de 77 décrit la dispersion des communautés juives autour de la Méditerranée, dans la Rome impériale : Rome, Alexandrie, Carthage, Pergame...
Juifs et Chrétiens, d'abord très proches, se séparent progressivement pour former deux religions distinctes.
Elqana, Houlda, Daniel, Betsalel, Nathan, Rabbins, Poètes ou médecins côtoieront parfois d'illustres congénères : Galien, Bar-Kochba, Tertullien, Saint Calixte... Ils défendront ou trahiront leurs idéaux, mais demeureront toujours des Halevi, la lignée qui, coûte que coûte, doit traverser l'histoire.
Histoires populaires à la profondeur insoupçonnée, mariant la mystique à l'expérience quotidienne, les contes hassidiques offrent à chacun une lecture de la vie en lien avec le divin, qu'il soit sage ou simple. Ces contes ont pour cadre la vie juive traditionnelle d'Europe de l'Est, et fonctionnent beaucoup sur la réinterprétation audacieuse et respectueuse de la tradition dont ils sont issus. Cet aspect, malheureusement difficile à saisir pour le lecteur contemporain, nous est rendu par le commentaire limpide du rabbin Rami Shapiro, qui nous offre, en regard de chaque conte, son interprétation personnelle et universelle. Il nous permet ainsi de comprendre les allusions, les retournements révélateurs que doivent provoquer chez le lecteur des histoires qui sont avant tout de véritables guides pour se rapprocher de Dieu.
Poète et philosophe célèbre, né en Espagne à la fin du XIe siècle et mort en terre d’Israël en 1141, Juda Halévi a marqué l’histoire et la culture juives, et plus particulièrement celles des séfarades. Son œuvre, qui se fait l’écho de ses voyages jusqu’à Jérusalem, des crises de son époque et de ses propres états d’esprit, reflète une ouverture culturelle et littéraire au monde islamique conjuguée à une solide identité juive en lutte pour sa survie en des temps difficiles.Masha Itzhaki, professeur de littérature hébraïque, spécialiste de poésie médiévale, retrace ce parcours singulier et replace l’œuvre dans la tradition juive dont elle constitue l’un des chapitres remarquables.
« Où que ce soit, quand que ce soit, je serai là avec toi, le dernier survivant… Je te promets d’être la mémoire de ta mémoire. Je te promets que ce que tu as enduré ne sera pas effacé de la conscience humaine. Je te promets cette ultime justice de ne pas laisser ton nom ni ta souffrance disparaître de l’histoire universelle… »Depuis 1974, le rabbin Daniel Farhi a identifié son nom à la mémoire des victimes de la Shoah. Il a notamment, depuis 1990, instauré la célébration en France du Yom Hashoah, la journée commémorative inaugurée en Israël en 1951. Il a surtout organisé à Paris la lecture publique, ce jour-là, des noms des déportés juifs de France.
Ce recueil contient les « sermons » et allocutions qu’il a prononcés lors de ces commémorations. Émouvantes, pleines d’indignation et d’espérance, imprégnées aussi de philosophie juive et d’esprit universel, ces paroles demeurent des modèles d’humanisme pour notre temps