Tous les Juifs ne sont pas ashkénazes ou séfarades ! Il existe des dizaines de communautés méconnues dispersées en Afrique noire, dans le Caucase, en Inde, en Chine, en Amazonie ou encore aux Caraïbes. Elles remontent à la plus haute Antiquité ou, au contraire, aux dernières décennies – et il en naît de nouvelles chaque année ou presqueUnique en son genre, le présent ouvrage dirigé par Edith Bruder nous invite à découvrir près d’une cinquantaine de ces diasporas, soit qu’elles aient été isolées géographiquement comme les communautés de Kaifeng, en Chine, ou celle des montagnes du Kurdistan – les seules à parler encore araméen –, soit qu’elles se prévalent d’une manière singulière de vivre leur identité juive, comme les Caraïtes de Crimée, les Subbotniks de Russie ou les Dönmeh de Salonique.Comment peut-on aujourd’hui être Juif et Iranien, ou Juif et Indien, issu d’une caste d’intouchables ? Comment Madagascar s’est-elle retrouvée avec trois communautés juives « indigènes » ? Cette fascinante diversité des histoires locales nous dévoile le rôle majeur que jouent les dispersions, les colonisations, les métissages dans l’histoire universelle. Les multiples manières de se vivre comme juif nous conduisent à remettre en question notre vision habituelle de l’identité juive, et de l’identité tout court.
Par quel étrange processus, depuis le début du XXème siècle et surtout dans les dernières décennies, des synagogues de fortune sont-elles sorties de terre au cœur de villages d’Afrique noire ? Edith Bruder, chercheuse associée à la prestigieuse School of Oriental and African Studies de l’université de Londres, a longuement étudié ce phénomène remarquable : sur tout le continent, du Cap-Vert à l’Ouganda et de Tombouctou à l’Afrique du Sud en passant par le Nigeria, des groupes ethniques très divers se proclament les descendants de communautés juives installées en Afrique depuis les temps les plus anciens.Ce livre montre comment, par dizaines de milliers, les Igbo, Lemba, Abayudaya et bien d’autres s’approprient une identité spirituelle et ethnique juive, bouleversant ainsi le paysage religieux de l’Afrique – mais aussi celui du judaïsme mondial. Edith Bruder décrypte le substrat mythologique de leur discours – qui fait remonter l’origine de leurs clans aux Tribus perdues d’Israël – et analyse l’influence des préjugés religieux et coloniaux de l’Occident. Une histoire passionnante, où se trouvent associées les deux figures qui furent longtemps pour l’Europe les archétypes de l’Autre : le Juif et le Noir.
Les assassins nazis ne cherchèrent pas seulement à exterminer les juifs en tant que peuple, ils tentèrent aussi de détruire radicalement l’âme juive, celle qui s’exprime depuis des millénaires à travers l’étude de la Torah et la pratique des commandements. Mais face aux persécutions et à la perspective de l’anéantissement, de nombreux juifs firent preuve d’une incroyable résistance spirituelle en demeurant fidèles à leurs traditions jusqu’au cœur de l’horreur.Ce livre en est le poignant témoignage : enfermés, humiliés et décimés dans le ghetto de Kovno – cette ville de Lituanie qui avait été la capitale mondiale du savoir talmudique –, les juifs ne renoncèrent pas à respecter la Loi, et, face à des situations inédites dans la monstruosité, à poser des questions éthiques et juridiques à leur rabbin. Quels rites pénitentiels faut-il suivre lorsque l’on a été contraint de déchirer les rouleaux de la Torah de ses propres mains pour y envelopper des carcasses de chiens ? A-t-on le droit de s’emparer d’un permis de travail qui sauvera la vie de sa famille aux dépends d’une autre ? Est-il permis de marcher dans des rues pavées de pierres tombales ? L’avortement est-il envisageable dès lors que les nazis ont menacé d’abattre sur-le- champ toute femme enceinte ?...
Autant de dilemmes insondables, parmi une centaine d’autres, qui furent soumis à Rabbi Ephraïm Oshry pendant ces années d’enfer.Ayant survécu à la Shoah, il a rassemblé les questions de ses fidèles et les réponses qu’il leur avait apportées, pour témoigner de la dignité et de la force d’âme des victimes. Un document unique
Alexandre Safran (1910-2006) fut l'une des figures marquantes du rabbinat européen. Élu Grand Rabbin de Roumanie en 1940, à l'âge de 29 ans, il a joué un rôle déterminant dans le sauvetage des juifs pendant la Shoah, puis a été accueilli en qualité de Grand Rabbin à Genève en 1948. Il a été tout à la fois un leader et un penseur éminent de philosophie religieuse - dont l'oeuvre s'étend sur plus de soixante-dix ans- et un acteur important du dialogue judéo-chrétien. Cet ouvrage rassemble des sermons synagogaux à l'occasion des fêtes juives, des allocutions à l'ORT (grand organisme philanthropique centré sur l'éducation) et des textes plus théoriques. Croyant en la vocation universelle de la Torah, Alexandre Safran insiste sur le lien indissoluble qui unit les dimensions les plus élevées (mystique, kabbale) à celles en apparence plus humbles (travail, rapport au prochain), le temps liturgique et le temps historique.
Fils d'immigrés juifs lituaniens, le grand rabbin Jacob Kaplan, né à Paris en 1895 et mort en 1994, a occupé très jeune les postes les plus prestigieux du judaïsme français, témoignant de la réussite du modèle de l'identité juive en France. Mais au-delà de son sacerdoce, Jacob Kaplan, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, décoré des plus hautes distinctions civiles et militaires, demeure un exemple et une figure humaine unique par son désintéressement, son charisme, son expérience et sa maîtrise des situations les plus délicates : le statut des juifs du régime de Vichy, la collaboration et les déportations, l'accueil des rapatriés d'Afrique du Nord, le soutien à la cause sioniste et la question de la double allégeance....
En retraçant l'itinéraire d'un des grands témoins du XXe siècle, David Shapira raconte comment ce reconstructeur d'une communauté décimée par la Shoah, traumatisée par la trahison de Pétain, est parvenu à mettre en place les structures d'un judaïsme moderne. Évoquant également l'engagement précoce du grand Rabbin de France aux côtés de l'État d'Israël, il aborde ses positions critiques envers la politique extérieure française, qui suscitèrent la réaction de nombreux politiciens et intellectuels de l'époque.
Comme des centaines de milliers de juifs hongrois, Eva Dános (1919-2001) a été déportée après l'invasion de son pays par les nazis en 1944. Elle a survécu aux camps de la mort et refait sa vie en Australie dans les années 50. Son témoignage, écrit à vif juste après sa libération, relate au jour le jour l'horreur des derniers convois de déportés errant de camp en camp, sous les bombardements alliés, dans les toutes dernières semaines du IIIe Reich. Ces wagons à bestiaux, où régnaient la faim et la soif dans une atmosphère de folie, ont été le tombeau de milliers de victimes.Dans cet enfer, Eva Dános avait pour compagnes Hanna Dallos et Lili Strausz, deux femmes qui ont vécu l'expérience extraordinaire relatée dans le livre Dialogues avec l'Ange. Elle les avait rencontrées dans l'atelier d'uniformes militaires mis en place en 1944 à Budapest pour cacher des juives, sous la direction de celle qui allait faire connaître les Dialogues dans le monde entier : Gitta Mallasz, reconnue récemment « Juste parmi les Nations ». Eva avait assisté avec Hanna et Lili aux dernières séances des « dialogues » et partagé leur quotidien au camp de Ravensbrück. Jusqu'à présent, on ne savait que peu de chose sur la fin de ces deux femmes remarquables. Leur amie raconte ici leur agonie bouleversante, ce qui rend ce document d'autant plus exceptionnel.
René-Samuel Sirat, né à Bône, en Algérie, en 1930, a été Grand-Rabbin de France de 1981 à 1988. Figure majeure du judaïsme français, il également été un acteur historique des études juives contemporaines ainsi que du dialogue interreligieux. Militant infatigable d’un judaïsme cultivé, apaisé et engagé dans la coexistence au sein de la Cité, il revient dans ce livre sur son itinéraire qui résonne si profondément avec une certaine histoire de la France contemporaine.
D’une enfance algérienne marquée par la culture judéo-arabe traditionnelle à la reconstruction de la communauté juive française après la Shoah, du travail universitaire et communautaire à la fraternité judéo-chrétienne (notamment à travers l’affaire du « carmel d’Auschwitz » où il fut l’interlocuteur de Mgr Decourtray et Jean-Paul II) et judéo-musulmane, c’est finalement toute la genèse de notre présent qu’il éclaire en témoin privilégié du siècle.
Connu comme le fondateur du hassidisme, celui qu’on surnomme le Baal Shem Tov, le « maître du Bon Nom », ne cesse de fasciner. Qui était-il : un mystique détenteur de secrets? Un réformateur religieux venu valoriser la foi simple des humbles contre l’érudition talmudique ? Un annonciateur du messie ? Un guérisseur, voire un chamane pratiquant la transe, inspiré par des traditions préchrétiennes des Carpates ? A-t-il seulement fondé un nouveau mouvement, ou la légende a-t-elle dépassé l’histoire ?Jean Baumgarten, sans doute le plus éminent spécialiste français du hassidisme, nous invite à le suivre dans sa recherche du « vrai » Baal Shem Tov. À la fois portrait spirituel et plongée dans la sociologie religieuse des Juifs polonais du milieu du xviiie siècle, cet ouvrage nous livre la synthèse des travaux les plus récents sur cette figure majeure dont se réclament les « amis de Dieu » bien au-delà du monde juif.
La communauté juive du Maroc fut l'une des plus importantes du monde musulman. Installés le long des côtes méditerranéennes dès l'époque romaine, les juifs devaient au fil des siècles constituer de très nombreuses communautés dans tout le pays, chacune ayant des traits bien spécifiques. L'arrivée des juifs chassés d'Espagne au XVIe siècle devait apporter une dimension nouvelle au judaïsme marocain. Shlomo Deshen, étudiant d'une part les archives laissées par les lettrés et les rabbins des XVIIe et XVIIIe siècles et se fondant d'autre part sur les plus récentes études historiques et anthropologiques, recrée dans cet ouvrage la société juive traditionnelle du " mellah ", avec ses structures communautaires et familiales, ses responsables, ses activités économiques et ses productions culturelles, et analyse les rapports particuliers des juifs du Maroc avec leurs voisins musulmans. Les Gens du mellah apporte une contribution originale à l'histoire et à la civilisation des juifs d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
Poète et philosophe célèbre, né en Espagne à la fin du XIe siècle et mort en terre d’Israël en 1141, Juda Halévi a marqué l’histoire et la culture juives, et plus particulièrement celles des séfarades. Son œuvre, qui se fait l’écho de ses voyages jusqu’à Jérusalem, des crises de son époque et de ses propres états d’esprit, reflète une ouverture culturelle et littéraire au monde islamique conjuguée à une solide identité juive en lutte pour sa survie en des temps difficiles.Masha Itzhaki, professeur de littérature hébraïque, spécialiste de poésie médiévale, retrace ce parcours singulier et replace l’œuvre dans la tradition juive dont elle constitue l’un des chapitres remarquables.
Le Talmud, cœur de la spiritualité juive, n’est pas seulement un extraordinaire entrelacs de lois et de récits ; c’est aussi et avant tout l’expression de la Torah orale, Parole toujours vivante, à la fois divine et humaine, portée par des Sages hauts en couleur.De Hillel l’Ancien (début du Ier siècle, Palestine) à Rav Achi (fin du Ve siècle, Babylonie) en passant par Rabbi Akiva, Mar Chmouel, Rabban Yo’hanan ben Zacaï ou encore Rech Lakich, Adin Steinsaltz nous fait découvrir treize personnalités riches et profondes qui, par la magie de l’étude talmudique, sont encore aujourd’hui en quelque sorte nos contemporains. Les leçons de vie qu’ils nous donnent n’ont en tout cas rien perdu de leur fraîcheur.
« Et que dit Rachi ? » Cette question rituelle rythme aujourd'hui encore l'étude traditionnelle de la Bible et du Talmud. Rachi est l'acronyme de Rabbi Salomon ben Isaac de Troyes (1040-1105), maître champenois qui, le premier, écrivit un commentaire exhaustif sur l'ensemble des textes sacrés du judaïsme. Après lui, plus personne n'entreprit une telle tâche, tant son oeuvre semblait parfaite. Il fut le professeur direct ou indirect de presque tous les sages d'Europe du Nord et son génie fut même reconnu dans le monde chrétien. à ce jour, des centaines de commentaires ont été écrits sur son oeuvre et les linguistes trouvent chez lui un témoin précieux de l'ancien français. L'auteur nous expose ici la vie, l'oeuvre et l'influence de Rachi tout en dressant un portrait vivant de la vie juive dans la France du Moyen Âge.
Figure légendaire du judaïsme hébraïque, don Isaac Abravanel (1437-1508) mit ses talents d'homme politique et de financier au service des rois du Portugal, d'Espagne, de Naples et des doges de Venise, et assuma avec dignité la représentation de sa communauté auprès des souverains espagnols lorsque le destin des juifs d'Espagne bascula. Il fut également un penseur dont les écrits constituent le point d'orgue de la philosophie juive médiévale ; son commentaire de la Bible est devenu un classique.
Roland Goetschel, professeur des Universités, directeur du Centre d'études juives de la Sorbonne, retrace la vie et l'oeuvre de cet homme dont la réflexion a nourri le renouveau messianique qui traversa le monde juif.
Ce livre, fruit de la thèse du Professeur et Docteur Joël Hanhart permettra certainement de mieux cerner les questionnements posés par notre époque à la collectivité juive ; peut-être y discernera-t-on aussi quelques pistes pour y répondre. C'est surtout se mesurer à un destin exemplaire et, donc, qui sait, s'en inspirer.
Le Grand Rabbin Kling fait partie de ces personnalités rabbiniques qui, après le cataclysme de la Shoa, prirent sur eux de tenter de faire revivre la communauté juive en France.Ce livre écrit par son fils Elie, nous entraine dans l'univers passionnant de cette personnalité attachante qui consacra sa vie au service d'un judaïsme au centre duquel se trouve l'amour de Dieu et des hommes.
On rapporte que, chez le Baal Hatanya, premier maître du mouvement Habad, les miracles jonchaient le sol mais personne ne se baissait pour les ramasser. Toutefois, s'il est vrai que le hassidsime est une école de pensée et ne se résume pas aux miracles de ses maîtres, les récits miraculeux ont toujours réveillé les cœurs et inspiré les esprits. Parmi ces miracles, ceux de Rabbi Israel Baal Chem Tov, fondateur du hassidisme, sont connus pour être hors du commun : voyages à des vitesses surnaturelles, résurrection de morts, torche de glace, montée dans les sphères célestes et dialogues avec les anges...Ce sont ces prodiges, rapportés de génération en génération par les hassidim et leurs maîtres, que nous proposons de découvrir dans cet ouvrage.
Biographie, recueil d'histoires et souvenirs de la Rabbanite 'Haya Mouchka SchneersonLa Rabbanite 'Haya Mouchka Schneerson était une personnalité de par son ascendance, de par ses connaissances dans tous les domaines mais surtout de par son obstination à préserver sa vie privée et celle de son illustre mari, le Rabbi de Loubavitch. Elevée dans la maison des Rabbis, entourée de `Hassidim prêts à sacrifier jusqu'à leur existence pour la préservation et le développement du judaïsme, elle sut faire don de sa vie privée pour le mouvement Loubavitch et plus largement, pour tout le peuple juif.
C'est le livre du voyage de mon âme. Depuis la corse de mon enfance vers la terre dIsraël puis le retour vers la terre où je suis né.
Pour la première fois, je rapporte mon expérience d'écrivain, depeintre, de conférencier, de juif et de Corse à la fois. Ma vie, mon enfance, ma pensée. Les descriptions de l'instant présent fusionnent avec ce passé de plage, de montagne, les jours de l'armée, l'initiation à la la peinture et es amis. La torah et l'étude aocoté des Kabbalistes iraniens et irakiens. Les aventuress humaines et surnaturelles de ma vie. En un mot, c'est dans celivre que je me livre.
A la mémoire de mes parents et de Monsieur Meyer.
Ceci est mon histoire, que je laisse à mes enfants et petits-enfants le soin de terminer le jour où je ne serai plus de ce monde. En effet, je me suis échappé de l’enfer des camps, chose qui était impensable, mais j’y suis arrivé pour respecter la parole donnée à mes parents, et en la mémoire de celui qui m’a permis d’être libre au prix de sa vie en la sacrifiant pour moi ! Bien des souvenirs me sont revenus, ainsi que des moments très douloureux. Mais ce qui m’a surtout fait le plus mal, c’est d’avoir vu ma famille morte et d’avoir été obligé de retirer leurs dents en or. La cruauté des geôliers n’avait pas de limite ! Et, aujourd’hui, les hommes n’ont toujours rien compris à tout cela ! Bien des paroles ont été prononcées, mais qu’en est-il à présent ? »
Dans cette biographie à ciel ouvert, l'auteur fait une apologie vibrante du métier le plus vieux du monde, l'enseignement. Dans une promesse de lecture frissonnante Rivka Sellem soulève le voile pour nous faire atteindre un frémissement intérieur "une classe d'élèves est un canevas dont l'enseignant tisse chaque point avec une infinie précision jusquà obtenir un bâti harmonieux du savoir et de la transmission opéré par l'habile aiguillé du mâitre". De la maternelle au collège, elle raconte comment elle utilise ses compétences qu'elle habille de sa voix, de ses gestes, de son regard dans une interaction aux mouvances affectueuses.Néanmoins, elle lève toujours les yeux vers le ciel pour remercier le Maître de l'univers.