« C’est de l’hébreu pour moi ! » Cette expression populaire marque bien le sentiment d’étrangeté que suscite souvent la langue dans laquelle est écrite la Bible. Pourtant, au même titre que le grec et le latin, l’hébreu est à la source notre patrimoine culturel et spirituel. Tel est le paradoxe que relève Julien Darmon, et qui le conduit à déconstruire les préjugés ancestraux pesant sur une langue réputée « difficile », lointaine parce que « sémitique », « langue morte » qui aurait été réveillée uniquement par le sionisme, etc.Une fois écartés ces obstacles imaginaires, l’hébreu nous livre son génie propre : celui des 22 lettres de son alphabet qui peuvent se combiner d’une manière quasi infinie, donnant au texte « divin » une extraordinaire polysémie. Tout fait sens dans l’écriture de la Torah, et la tradition juive se caractérise par une incomparable liberté d’interprétation. Les chrétiens eux-mêmes gagneraient à s’initier à la langue dans laquelle priait Jésus, dont les paroles prennent des connotations insoupçonnées à la lumière de leurs résonances sémitiques. Julien Darmon en livre maints exemples et démontre ainsi que, loin de lui être opposé, l’Esprit réside au cœur de la Lettre.
Professeur honoraire à l'université de Genève, Esther Strarobinski-Safran est une des grandes figures des études juives mondiales. Elle a publié chez Albin Michel Le Buisson et la voix.
La communauté juive du Maroc fut l'une des plus importantes du monde musulman. Installés le long des côtes méditerranéennes dès l'époque romaine, les juifs devaient au fil des siècles constituer de très nombreuses communautés dans tout le pays, chacune ayant des traits bien spécifiques. L'arrivée des juifs chassés d'Espagne au XVIe siècle devait apporter une dimension nouvelle au judaïsme marocain. Shlomo Deshen, étudiant d'une part les archives laissées par les lettrés et les rabbins des XVIIe et XVIIIe siècles et se fondant d'autre part sur les plus récentes études historiques et anthropologiques, recrée dans cet ouvrage la société juive traditionnelle du " mellah ", avec ses structures communautaires et familiales, ses responsables, ses activités économiques et ses productions culturelles, et analyse les rapports particuliers des juifs du Maroc avec leurs voisins musulmans. Les Gens du mellah apporte une contribution originale à l'histoire et à la civilisation des juifs d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
La première époque de 77 décrit la dispersion des communautés juives autour de la Méditerranée, dans la Rome impériale : Rome, Alexandrie, Carthage, Pergame...
Juifs et Chrétiens, d'abord très proches, se séparent progressivement pour former deux religions distinctes.
Elqana, Houlda, Daniel, Betsalel, Nathan, Rabbins, Poètes ou médecins côtoieront parfois d'illustres congénères : Galien, Bar-Kochba, Tertullien, Saint Calixte... Ils défendront ou trahiront leurs idéaux, mais demeureront toujours des Halevi, la lignée qui, coûte que coûte, doit traverser l'histoire.
Jean, Marie, Jacques, Daniel, Anne... Des dizaines de prénoms parmi les plus courants puisent leurs racines dans l'histoire biblique. Des centaines d'autres, aux sonorités merveilleuses, sont issus des grands textes de la tradition juive ou témoignent du renouveau de l'hébreu en Israël : noms de fleurs, d'animaux, de pierres précieuses, de grands personnages... Le rabbin Marc-Alain Ouaknin et Dory Rotnemer en ont étudié plus de 1500. Ils sont ici répertoriés, accompagnés de tous les éléments nécessaires à la compréhension de leur sens profond.
Mais ce livre n'a pas seulement pour but de faire découvrir l'origine d'un prénom ou d'en choisir un pour son enfant. à la lumière des mille richesses de la langue hébraïque, il nous introduit aussi dans une philosophie du nom, enracinée dans une tradition qui a déclaré absolument imprononçable le Nom suprême, YHWH par lequel Dieu s'est révélé à Moïse.
Présente d'abord le judaïsme dans son essence, analyse les problèmes de la foi et de la Révélation à la lumière de la critique biblique et rationaliste, définit la place de la prière, de l'éthique juive, la notion de Dieu, insiste sur l'importance du respect des obligations religieuses et de la halakha.
Histoires populaires à la profondeur insoupçonnée, mariant la mystique à l'expérience quotidienne, les contes hassidiques offrent à chacun une lecture de la vie en lien avec le divin, qu'il soit sage ou simple. Ces contes ont pour cadre la vie juive traditionnelle d'Europe de l'Est, et fonctionnent beaucoup sur la réinterprétation audacieuse et respectueuse de la tradition dont ils sont issus. Cet aspect, malheureusement difficile à saisir pour le lecteur contemporain, nous est rendu par le commentaire limpide du rabbin Rami Shapiro, qui nous offre, en regard de chaque conte, son interprétation personnelle et universelle. Il nous permet ainsi de comprendre les allusions, les retournements révélateurs que doivent provoquer chez le lecteur des histoires qui sont avant tout de véritables guides pour se rapprocher de Dieu.
Poète et philosophe célèbre, né en Espagne à la fin du XIe siècle et mort en terre d’Israël en 1141, Juda Halévi a marqué l’histoire et la culture juives, et plus particulièrement celles des séfarades. Son œuvre, qui se fait l’écho de ses voyages jusqu’à Jérusalem, des crises de son époque et de ses propres états d’esprit, reflète une ouverture culturelle et littéraire au monde islamique conjuguée à une solide identité juive en lutte pour sa survie en des temps difficiles.Masha Itzhaki, professeur de littérature hébraïque, spécialiste de poésie médiévale, retrace ce parcours singulier et replace l’œuvre dans la tradition juive dont elle constitue l’un des chapitres remarquables.
Contrairement à un préjugé très répandu, il existe bien une méditation proprement hébraïque, transmise discrètement depuis des siècles de maître à disciple. Marc-Alain Ouaknin nous introduit ici au coeur de cette pratique issue de la mystique juive, en s'attachant particulièrement à l'histoire et à l'esprit d'un mouvement qui a renouvelé en profondeur le soufe de la pensée juive : le hassidisme. II montre comment les maîtres hassidiques, porteurs fervents d'une "sagesse de l'incertitude", ont développé un art de l'interprétation des textes dans laquelle l'homme s'invente et se transforme intérieurement au fur et à mesure qu'il invente de nouveaux sens. Art de la lecture ouverte qui devient "bibliothérapie", guérison par le livre, et qui amène l'homme à "faire retrait" en lui-même tsimtsoum - comme Dieu s'est "retiré" lors de la Création du monde.
« Où que ce soit, quand que ce soit, je serai là avec toi, le dernier survivant… Je te promets d’être la mémoire de ta mémoire. Je te promets que ce que tu as enduré ne sera pas effacé de la conscience humaine. Je te promets cette ultime justice de ne pas laisser ton nom ni ta souffrance disparaître de l’histoire universelle… »Depuis 1974, le rabbin Daniel Farhi a identifié son nom à la mémoire des victimes de la Shoah. Il a notamment, depuis 1990, instauré la célébration en France du Yom Hashoah, la journée commémorative inaugurée en Israël en 1951. Il a surtout organisé à Paris la lecture publique, ce jour-là, des noms des déportés juifs de France.
Ce recueil contient les « sermons » et allocutions qu’il a prononcés lors de ces commémorations. Émouvantes, pleines d’indignation et d’espérance, imprégnées aussi de philosophie juive et d’esprit universel, ces paroles demeurent des modèles d’humanisme pour notre temps
Le Talmud, cœur de la spiritualité juive, n’est pas seulement un extraordinaire entrelacs de lois et de récits ; c’est aussi et avant tout l’expression de la Torah orale, Parole toujours vivante, à la fois divine et humaine, portée par des Sages hauts en couleur.De Hillel l’Ancien (début du Ier siècle, Palestine) à Rav Achi (fin du Ve siècle, Babylonie) en passant par Rabbi Akiva, Mar Chmouel, Rabban Yo’hanan ben Zacaï ou encore Rech Lakich, Adin Steinsaltz nous fait découvrir treize personnalités riches et profondes qui, par la magie de l’étude talmudique, sont encore aujourd’hui en quelque sorte nos contemporains. Les leçons de vie qu’ils nous donnent n’ont en tout cas rien perdu de leur fraîcheur.
« Et que dit Rachi ? » Cette question rituelle rythme aujourd'hui encore l'étude traditionnelle de la Bible et du Talmud. Rachi est l'acronyme de Rabbi Salomon ben Isaac de Troyes (1040-1105), maître champenois qui, le premier, écrivit un commentaire exhaustif sur l'ensemble des textes sacrés du judaïsme. Après lui, plus personne n'entreprit une telle tâche, tant son oeuvre semblait parfaite. Il fut le professeur direct ou indirect de presque tous les sages d'Europe du Nord et son génie fut même reconnu dans le monde chrétien. à ce jour, des centaines de commentaires ont été écrits sur son oeuvre et les linguistes trouvent chez lui un témoin précieux de l'ancien français. L'auteur nous expose ici la vie, l'oeuvre et l'influence de Rachi tout en dressant un portrait vivant de la vie juive dans la France du Moyen Âge.
Le mot « sionisme », né il y a à peine plus de cent ans ne semble plus compris de nos jours et subit toutes les défigurations qu'entraîne la polémique.
Ce livre vise à rétablir son sens véritable et à examiner ce qu'il en est dans la réalité israélienne d'aujourd'hui : revenir à Sion, terre ancestrale, reconstituer les juifs en tant que nation, créer un État démocratique, rétablir la langue hébraïque et offrir aux juifs en détresse un refuge et une patrie.
Le Coran est-il antisémite ? L’islam véhicule-t-il une « haine du Juif » qui le rend incompatible avec les valeurs occidentales ? Le regard de l’islamologue est indispensable pour dépassionner le débat et sortir des jugements à l’emporte-pièce. Sans rien masquer des aspects les plus problématiques, le grand savant Meïr M. Bar-Asher fait le point sur ce dossier brûlant. Il passe en revue l’image des « fils d’Israël » et des « Juifs » dans le Coran et le Hadîth, ainsi que les bases coraniques du statut de dhimmi. IL s’attarde également sur l’apport extraordinaire de la tradition juive à l’exégèse musulmane du Coran, ainsi que sur les parallèles entre les lois religieuses juive et musulmane, halakha et sharia. Il montre surtout que la question du rapport de la tradition islamique à la figure du Juif et au judaïsme est complexe, et qu’on ne saurait la ramener à la caricature qu’en donnent tant les prédicateurs islamistes que les islamophobes.
Un ouvrage accessible, essentiel pour comprendre les enjeux de société actuels.
Au XVIe siècle, la Terre sainte au pouvoir des Turcs fut revivifiée par un afflux de juifs expulsés d'Espagne (1492) et du Portugal (1496). Ses villes et ses campagnes se repeuplèrent et bourdonnèrent d'activités nouvelles. Deux tentatives de restauration politique et économique virent le jour, l'une à Safed avec Jacob Bérab, l'autre à Tibériade avec la senora et Joseph Nassi. Sous l'impulsion de ses kabbalistes, Safed exerça bientôt une autorité spirituelle sans partage avec la diffusion en Europe des doctrines d'Isaac Luria Ashkenazi, Ari ha-qadosh.
Figure légendaire du judaïsme hébraïque, don Isaac Abravanel (1437-1508) mit ses talents d'homme politique et de financier au service des rois du Portugal, d'Espagne, de Naples et des doges de Venise, et assuma avec dignité la représentation de sa communauté auprès des souverains espagnols lorsque le destin des juifs d'Espagne bascula. Il fut également un penseur dont les écrits constituent le point d'orgue de la philosophie juive médiévale ; son commentaire de la Bible est devenu un classique.
Roland Goetschel, professeur des Universités, directeur du Centre d'études juives de la Sorbonne, retrace la vie et l'oeuvre de cet homme dont la réflexion a nourri le renouveau messianique qui traversa le monde juif.
Dans un paysage désertique majestueux, au bord de la mer Morte, se dressent les ruines de Massada. Les fouilles archéologiques ont largement confirmé les descriptions de Flavius Josèphe, le seul historien à rapporter la chute de la forteresse, au terme de la longue révolte des Juifs contre Rome (66-73), et le suicide collectif de ses défenseurs qui préférèrent la mort à l'esclavage. Au-delà de l'Histoire, ce lieu a pris une valeur symbolique.