Dès le temps des Patriarches, les judaïsmes se multiplient et se diversifient, explique Armand Abécassis en s'attachant au thème de l'interprétation. Véritable fil directeur de cette histoire des lectures de la Bible, l'histoire des interprétations fait l'histoire même des juifs (et notamment les péripéties et les avatars des rapports entre le politique et le religieux). L'auteur montre comment l'alliance, scellée dans le désert, entre un Dieu et son peuple se reconfigure au fur et à mesure des conflits d'interprétations qui, par définition, excluent le mystère et le dogme. Les prophètes hébreux communiquent leur message en se référant à leur environnement, à leur tempérament et à leur vision du monde. Ils interprètent donc les textes bibliques qu'ils connaissent par la tradition orale ou écrite. Après eux, viennent les maîtres du Talmud qui, eux aussi, s'opposent sur les interprétations du Livre et sur les pratiques quotidiennes, mais qui tous concluent que « ceux-ci et ceux-là sont les paroles du Dieu vivant ».
Israël et ses racines regroupe des études consacrées à l'intériorité du Temps juif, de l'Homme et du Peuple juifs, de la Terre et de la Diaspora juives. Elles abordent l'identité, la personnalité et la vocation du Peuple d'Israël. Le "caché" et le "découvert" s'y rejoignent, tentent de saisir l'être juif dans sa globalité, considéré dans son essence et dans ses expressions multiples.
Chabbat et Jérusalem, Juif et Communauté d'Israël, Exil et Retour, Peuple d'Israël et Pays d'Israël : ces thèmes essentiels de la pensée religieuse juive sont ici traités d'une façon à la fois originale et rigoureuse, pénétrante et claire ; leur étude approfondie permet de dégager les principaux axes de la Tradition juive et d'entrevoir les lignes de crête de l'Existence juive.
Alexandre Safran, ancien grand rabbin de Roumanie et actuel grand rabbin de Genève où il enseigne la philosophie à l'Université, expose dans cet ouvrage d'une magistrale ampleur sa pensée personnelle, fondée sur une immense érudition, et aborde des domaines aussi différents que complémentaires de la spiritualité juive.
Il existe en nous un bon et un mauvais silence.
Le bon silence, c'est celui de l'écoute, celui de l'ouverture de l'âme à l'art, à la lumière et à la nuit, à, la Parole initiale dont toutes les autres ont pu sortir dans la durée d'une vie. Nous durons, nous parlons, nous survivons d'instant en instant par la grâce de ce lieu saint caché en nous-mêmes, que Claude Vigée identifie à l'Aleph, première lettre de l'alphabet hébreu, symbole de l'Un originel. "L'expérience de la guerre et de l'exil m'a appris dès ma première jeunesse à avoir soif de ce lieu, dit-il. Les circonstances m'ont contraint à creuser un tunnel souterrain jusqu'à lui."
Ce cheminement intérieur, Claude Vigée nous en livre ici l'essence, à travers une méditation fondée sur son interprétation de la Révélation biblique : interprétation à la fois très personnelle et poétique, enracinée dans la plus pure tradition judaïque, en particulier dans ce joyau de la mystique juive qu'est la Kabbale.
La personnalité de Moïse tient une place unique dans l'histoire et la tradition juives. Prophète, fidèle porte-voix de Dieu, il libère le peuple juif de son esclavage en Égypte pour le conduire en Canaan, à l'orée de la Terre promise. Seul homme à avoir dialogué en "face-à-face" avec Dieu, il accomplit une oeuvre fondamentale de législateur dont rendent compte les quatre premiers livres de la Bible. Ce n'est qu'au cinquième livre, sentant sa mort prochaine, qu'il prend personnellement la parole. Ainsi naît le Deutéronome : l'homme de Dieu se fait homme, nous livre ses états d'âme et sa propre vision de l'histoire. Livre étonnant où se mêlent tous les genres littéraires, où le prophète apparaît tour à tour comme mémorialiste, témoin, juge, législateur, moraliste, mais aussi Cassandre, prophète du bonheur et visionnaire. Son regard embrasse alors les siècles. Avec une stupéfiante précision, il prédit les ombres et les lumières du destin tourmenté du peuple juif.
Écrit par Josy Eisenberg, rabbin, historien, écrivain, producteur et réalisateur de télévision, associé à Benjamin Gross, docteur en philosophie, doyen honoraire de la faculté de Lettres et Sciences humaines de l'université Bar-Ilan, Le Testament de Moise constitue une indispensable voie d'accès à la compréhension du lien qui unit le peuple biblique d'Israël à l'État d'Israël dans la géopolitique d'aujourd'hui.
La recherche de l'origine de l'univers et de l'homme constitue une préoccupation très ancienne pour toute l'humanité. Mais que savons-nous de l'interface entre science et judaïsme ?
Jacques Goldberg, chercheur scientifique reconnu et spécialiste de la pensée juive, s'attache à montrer dans cet essai, à l'aide de multiples exemples, à quel point la science a été au coeur des débats pour nombre d'exégètes juifs dès la plus haute Antiquité. La science n'est jamais considérée dans leurs oeuvres comme concurrente ou adversaire de la Tora mais comme une quête de la vérité qui revêt pour l'homme de la Halakha un engagement moral et spirituel. Comprendre le monde c'est toujours, pour l'homme juif, un moyen de mieux accomplir la Loi.
Dans cet essai, Jacques Goldberg met en évidence les convergences entre les intuitions des Sages d'Israël et les recherches scientifiques contemporaines. Loin d'être antagonistes, elles apparaissent complémentaires, la Tradition d'Israël délivrant un message éthique toujours actuel.
Face à la crise des sociétés occidentales, Benjamin Gross, l’un des représentants les plus importants de la pensée juive contemporaine, nous invite à penser la situation de l’homme, et plus particulièrement celle de l’homme juif, dans le monde actuel.
Il propose pour cela de sortir de l’absurde dilemme : modernisme ou fondamentalisme, nécessité ou liberté. En s’arrachant à l’immanence d’un monde inachevé, pour éviter les méfaits de la démesure, il importe de redécouvrir le fonds transcendant, irréductible, où s’enracine le genre humain. Par un mouvement de liberté responsable, l’homme peut orienter la puissance dont il se trouve investi, vers un perfectionnement continu.
D’une méditation sur l’humanisme, qui souligne l’étonnante modernité de l’œuvre du Maharal de Prague, à une réflexion sur la signification du monothéisme comme fondement de l’idée d’humanité, ce recueil d’articles s’interroge également sur l’éducation, conçue comme l’enseignement d’une sagesse, théorique et pratique, singulière et universelle.
Enfin, avec l’espérance suscitée par la renaissance de l’État d’Israël et face aux rapports ambigus du judaïsme et de l’Europe, c’est aussi à l’insertion concrète dans l’histoire que nous convie cet ouvrage indispensable pour comprendre les enjeux des débats contemporains.
La prière juive s'articule autour de deux grands pôles, dont la formulation remonte à l'Antiquité : le Chema, la profession de foi juive, et l'Amida, la prière proprement dite. L'Amida, qui signifie littéralement en hébreu "être debout", comporte dix-neuf bénédictions, où alternent louanges, professions de foi et requêtes particulières ou collectives. Elle couvre tout le spectre des croyances et des espérances du judaïsme et constitue, en fait, une véritable anthologie de la foi juive, riche de références bibliques et de...
L'article « L'évolution des "idées" dans l'humanité et en Israël », que Benjamin Gross traduit et commente ici, a été rédigé par le Rav Kook à la veille de la première guerre mondiale. À un moment où le sentiment national tendait à se réveiller dans une partie de la diaspora juive, il désirait s'interroger sur les principes qui se trouvaient être au fondement des sociétés humaines. Qu'est-ce qui unit différents groupes humains de manière à former une société ? Qu'est-ce qui confère une identité particulière à telle société, qui la distingue d'une autre ? D'une façon plus particulière, quels sont ou peuvent être les fondements de la société juive, formée d'immigrants venus séparément et à des moments différents, d'horizons très divers, en train de se recomposer en Palestine ?
À l’heure où le sionisme est de plus en plus diabolisé, et plus globalement, alors que la conjonction du théologique et du politique semble ne pouvoir engendrer que des monstres, ce retour salutaire à la pensée méconnue du Rav Kook nous montre comment il est possible de penser une autre harmonie, non totalitaire, du politique et du religieux, qui ouvre sur une histoire bien différente
Qu'est-ce que la kabbale ? Une mystique, un ésotérisme, un ensemble de pratiques magiques ? Autant de termes flous qui ne nous éclairent pas vraiment sur cet enseignement multiséculaire et unique en son genre. D'ailleurs, selon les textes kabbalistiques eux-mêmes, la kabbale ne devrait être transmise qu'à des juifs, et même à une élite savante et spirituelle du judaïsme. Alors pourquoi tenter d'en partager « l'esprit », qui plus est dans une langue non hébraïque ?Tel est pourtant le défi de ce livre, qui ne néglige pas les travaux d'érudits comme Gershom Scholem ou Moshe Idel, mais aborde la question par un autre versant. Le lecteur y est invité à entrer dans une vision globale du monde, de l'homme et du divin - une vision certes profondément enracinée dans la tradition juive, comme le montrent son vocabulaire et ses références à la Torah, mais qui ouvre sur l'universel et peut enrichir tout un chacun. Chaque notion (tsimtsum, sefi rot, gematria...) est replacée dans le système vivant où elle prend tout son sens, au-delà du folklore et des approximations. Tableaux, schémas et annexes permettent de se repérer dans cette complexité, qui nous est rendue accessible par une remarquable clarté d'exposition.
La kabbale juive a si souvent prêté à confusion que, depuis le Moyen Âge, elle suscite, comme le fera plus tard sa version chrétienne, toujours les mêmes interrogations : relève-t-elle d'une tradition mystique ou d'une croyance superstitieuse, est-elle science divine ou illumination ?Bien des mystères entourent la notion même de kabbale. Rares sont ceux qui connaissent vraiment ses origines, ses méthodes, ses promesses. Que dit-elle exactement, quelle est son histoire ? Comment a-t-elle vécu ses grandes heures et ses siècles obscurs ? Qui sont ses grands maîtres et comment vivent-ils au quotidien ? Les idées de la kabbale, enfin, ont-elles encore quelque pertinence dans le monde d'aujourd'hui ? Sur ces thèmes controversés, Moshé Idel, le plus grand spécialiste contemporain en matière de recherche kabbalistique, aussi érudit que Gershom Scholem dont il fut l'interlocuteur, s'entretient avec Victor Malka, écrivain et journaliste.Traitant de questions essentielles comme la création du monde, le bien et le mal, la violence, la résurrection, l'exil, le pouvoir, le rituel mais aussi la musique ou l'érotisme, ce dialogue passionnant constitue une remarquable introduction au monde complexe et fascinant de ce que la tradition juive appelle "la science des secrets".
Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, David et Salomon chacun de ces célèbres personnages bibliques, à sa façon, a contribué à l'édification de l'histoire sainte dont est issue une partie de notre civilisation. Mais les autres, tous les autres ? Ésaü, le frère de Jacob, et Aaron, celui de Moïse ; Balaam, le devin païen ; Gédéon le «Juge» et son homologue féminin, la prophétesse Deborah ; Jonathan, l'ami cher au coeur de David et la «Femme vaillante» célébrée par le livre des Proverbes : n'ont-ils rien à nous apprendre ?
Tous ces «seconds rôles» de la saga biblique ont un message à nous livrer. Au cours d'une série d'émissions sur France-Culture, Claude Vigée et Victor Malka ont tenté de cerner ces figures inconnues ou méconnues. Mêlant tradition orale du judaïsme et démarche moderne, respect du texte et liberté de l'esprit, ils nous montrent que la Bible, à travers chacun de ses personnages, fût-il le plus obscur, nous interpelle ici et maintenant au plus profond de notre existence.
« C’est de l’hébreu pour moi ! » Cette expression populaire marque bien le sentiment d’étrangeté que suscite souvent la langue dans laquelle est écrite la Bible. Pourtant, au même titre que le grec et le latin, l’hébreu est à la source notre patrimoine culturel et spirituel. Tel est le paradoxe que relève Julien Darmon, et qui le conduit à déconstruire les préjugés ancestraux pesant sur une langue réputée « difficile », lointaine parce que « sémitique », « langue morte » qui aurait été réveillée uniquement par le sionisme, etc.Une fois écartés ces obstacles imaginaires, l’hébreu nous livre son génie propre : celui des 22 lettres de son alphabet qui peuvent se combiner d’une manière quasi infinie, donnant au texte « divin » une extraordinaire polysémie. Tout fait sens dans l’écriture de la Torah, et la tradition juive se caractérise par une incomparable liberté d’interprétation. Les chrétiens eux-mêmes gagneraient à s’initier à la langue dans laquelle priait Jésus, dont les paroles prennent des connotations insoupçonnées à la lumière de leurs résonances sémitiques. Julien Darmon en livre maints exemples et démontre ainsi que, loin de lui être opposé, l’Esprit réside au cœur de la Lettre.
Professeur honoraire à l'université de Genève, Esther Strarobinski-Safran est une des grandes figures des études juives mondiales. Elle a publié chez Albin Michel Le Buisson et la voix.
Jean, Marie, Jacques, Daniel, Anne... Des dizaines de prénoms parmi les plus courants puisent leurs racines dans l'histoire biblique. Des centaines d'autres, aux sonorités merveilleuses, sont issus des grands textes de la tradition juive ou témoignent du renouveau de l'hébreu en Israël : noms de fleurs, d'animaux, de pierres précieuses, de grands personnages... Le rabbin Marc-Alain Ouaknin et Dory Rotnemer en ont étudié plus de 1500. Ils sont ici répertoriés, accompagnés de tous les éléments nécessaires à la compréhension de leur sens profond.
Mais ce livre n'a pas seulement pour but de faire découvrir l'origine d'un prénom ou d'en choisir un pour son enfant. à la lumière des mille richesses de la langue hébraïque, il nous introduit aussi dans une philosophie du nom, enracinée dans une tradition qui a déclaré absolument imprononçable le Nom suprême, YHWH par lequel Dieu s'est révélé à Moïse.
Présente d'abord le judaïsme dans son essence, analyse les problèmes de la foi et de la Révélation à la lumière de la critique biblique et rationaliste, définit la place de la prière, de l'éthique juive, la notion de Dieu, insiste sur l'importance du respect des obligations religieuses et de la halakha.
Contrairement à un préjugé très répandu, il existe bien une méditation proprement hébraïque, transmise discrètement depuis des siècles de maître à disciple. Marc-Alain Ouaknin nous introduit ici au coeur de cette pratique issue de la mystique juive, en s'attachant particulièrement à l'histoire et à l'esprit d'un mouvement qui a renouvelé en profondeur le soufe de la pensée juive : le hassidisme. II montre comment les maîtres hassidiques, porteurs fervents d'une "sagesse de l'incertitude", ont développé un art de l'interprétation des textes dans laquelle l'homme s'invente et se transforme intérieurement au fur et à mesure qu'il invente de nouveaux sens. Art de la lecture ouverte qui devient "bibliothérapie", guérison par le livre, et qui amène l'homme à "faire retrait" en lui-même tsimtsoum - comme Dieu s'est "retiré" lors de la Création du monde.
Le mot « sionisme », né il y a à peine plus de cent ans ne semble plus compris de nos jours et subit toutes les défigurations qu'entraîne la polémique.
Ce livre vise à rétablir son sens véritable et à examiner ce qu'il en est dans la réalité israélienne d'aujourd'hui : revenir à Sion, terre ancestrale, reconstituer les juifs en tant que nation, créer un État démocratique, rétablir la langue hébraïque et offrir aux juifs en détresse un refuge et une patrie.
Le Coran est-il antisémite ? L’islam véhicule-t-il une « haine du Juif » qui le rend incompatible avec les valeurs occidentales ? Le regard de l’islamologue est indispensable pour dépassionner le débat et sortir des jugements à l’emporte-pièce. Sans rien masquer des aspects les plus problématiques, le grand savant Meïr M. Bar-Asher fait le point sur ce dossier brûlant. Il passe en revue l’image des « fils d’Israël » et des « Juifs » dans le Coran et le Hadîth, ainsi que les bases coraniques du statut de dhimmi. IL s’attarde également sur l’apport extraordinaire de la tradition juive à l’exégèse musulmane du Coran, ainsi que sur les parallèles entre les lois religieuses juive et musulmane, halakha et sharia. Il montre surtout que la question du rapport de la tradition islamique à la figure du Juif et au judaïsme est complexe, et qu’on ne saurait la ramener à la caricature qu’en donnent tant les prédicateurs islamistes que les islamophobes.
Un ouvrage accessible, essentiel pour comprendre les enjeux de société actuels.
Longtemps on n’a vu dans la méditation hébraïque qu’une invention ou une importation d’autres cultures ; elle a pourtant toujours existé, son représentant le plus connu étant sans doute le kabbaliste du XIIIe siècle Abraham Aboulafia.
Prolongeant les travaux de Gershom Scholem et de Moshé Idel, Aryeh Kaplan montre que cette pratique trouve ses racines dans la Bible elle-même. Transmise de maître à disciple depuis les Patriarches jusqu’à nos jours, cultivée par les prophètes, elle se fonde sur l’interprétation symbolique de textes comme la vision d’Ezéchiel. L’auteur insiste également sur la valeur des Psaumes, qui fonctionnent comme des « mantras » aidant à la concentration et à l’élévation.
Devenu un classique aux Etats-Unis, ce livre fondamental ouvre, comme le souligne Marc-Alain Ouaknin, de nouvelles pistes pour la lecture de la Bible
Avec La Rose aux treize pétales, le rabbin Adin Steinsaltz nous introduit dans l'univers mystérieux de la mystique juive et nous livre les clés fondamentales de la Cabbale qui, au-delà de son apparente complexité, exprime en langage symbolique l'essentiel de la quête de Dieu.
De par ses compétences le rabbin Steinsaltz est sans conteste l'auteur le plus qualifié pour présenter l'origine, la structure et la nature de la Cabbale. Il propose ici une brillante et vivante synthèse de ce sujet réputé difficile, qu'il rend accessible à un large public.